Référendum sur les migrants en Hongrie: le taux de participation, clé du scrutin

En Hongrie, les électeurs sont appelés aux urnes, ce dimanche 2 octobre, lors d’un référendum sur la question des migrants. Le Premier ministre Viktor Orban demande à ces concitoyens de rejeter le dispositif européen de répartition des demandeurs d’asile entre les pays de l’Union européenne, voté l’an dernier à Bruxelles et table sur un plébiscite des Hongrois pour sa politique de rejet des réfugiés. Tous les sondages donnaient le «non» largement en tête, mais la question centrale de ce scrutin, c’est le taux de participation. Plusieurs partis d’opposition ont appelé à boycotter le scrutin pour le rendre invalide, car il faut que 50% des électeurs inscrits aillent voter pour que le résultat du référendum soit validé.

Dans l’ambiance tranquille d’un grand centre commercial de Budapest, des couples et des familles viennent faire leurs courses. En bermuda, Akos Toth s’apprête à aller pique-niquer avec des amis au lieu d’aller voter. « Tout cela est fait pour détourner l’attention des citoyens hongrois de ce qui ne marche pas dans notre pays. Il est question d’organiser des Jeux olympiques en 2024, mais il n’y a eu aucun référendum sur cette question, alors que je dirais que cela aura un impact sur nos vies bien plus que disons même 10 000 migrants », affirme-t-il.

Le plan de relocalisation européen des demandeurs d’asile voté l’an dernier prévoyait que la Hongrie en accueille moins de 1 300, mais le gouvernement de Viktor Orban n’en veut pas. Cette retraitée qui habite près de la frontière serbe redoute que ce référendum ne se retourne contre les Hongrois : « C’est le gouvernement qui a décidé cela et maintenant il veut pouvoir dire que c’est le peuple qui choisit. Si jamais le pays était sanctionné par l’Europe pour avoir dit ‘’ non ’’, le gouvernement dira : c’était la volonté du peuple. »

Un argument que le gouvernement Orban aura toutefois plus de mal à avancer en cas de participation inférieure à 50%.

La campagne très agressive du gouvernement

Depuis des mois, le gouvernement de Viktor Orban mène une campagne agressive et n’hésite pas à faire l’amalgame entre immigration et terrorisme.

« Le pays est submergé d’affiches et de slogans du type : ” saviez-vous que les attentats de Paris ont été commis par des migrants ? ” Toute cette histoire, ça n’a rien à voir avec l’immigration, c’est juste une stratégie très simple pour renforcer la position d’Orban en exagérant les risques potentiels que les migrants pourraient faire courir », souligne Mark Kekesi de l’association d’aide aux migrants Migszol

Le gouvernement a trouvé avec le thème des migrants un bouton de panique sur lequel il appuie lorsqu’il veut gagner des voix, explique le sociologue Endré Sik. « Cette panique morale trouve ici un terreau fertile parce que la population hongroise est déjà assez xénophobe. Ici on n’aime pas le multiculturalisme, on veut juste que notre petit royaume reste intact ».

C’est aussi peut-être l’une des raisons pour laquelle la plupart des partis d’opposition se bornent à appeler au boycott du scrutin : ils savent qu’une partie de leur électorat serait encline à voter « non ».

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