Enquête : Retour sur les lieux du crime de Mame Boubou, le conducteur de jakarta sauvagement assassiné

Nous sommes à Kahone,une commune à 5km de Kaolack.C’est un grand acacia non loin du croisement qui fait office de garage, c’est là que Mame Bouba Touré et ses amis motocyclistes attendaient les clients.

Les visages sont marqués par les jours de veille et les larmes qui ne cessent de tomber dans ce coin perdu, malgré leurs coeurs attendris,les amis du défunt me montrent un jeune homme en tee-shirt rouge et en short jeans bleu comme étant Modou Ndiaye,le propriétaire de la moto qu’avaitMame Boubou le soir fatidique, «quelques minutes avant son voyage avec le tueur,il était venu me rendre la moto,il ne m’avait pas trouvé à la maison;là il était retourné au croisement avec mon grand frère» nous confesse t-il.

Debout au milieu d’une dizaine de motos, Alioune Sene,un adolescent élève en classe de 6e avance et se confie au correspond de SeneNews.com : «Au moment des faits nous étions ensembles au croisement, l’homme est élancé, il portait un boubou noir et un pantalon jeans bleu,il portait un sac à dos,ils ont discuté du prix,le gars a hésité finalement ils se sont mis d’accord sur la somme de 500f» un coup de sanglots entrecoupa son récit, ce fut l’hystérie et la transe au garage «Mame Bouba était très généreux pour mourir ainsi» disent en choeur ses compagnons d’infortune.

«Il m’a dit Line, je dépose le grand et après nous irons au coeur de ville pour fêter»

Hélas,ce retour n’aura jamais lieu car il avait rendez vous avec la grande faucheuse.

«Je suis resté jusqu’à 23 h au croisement sans le voir,je commençais à devenir inquiet et j’ai appelé mes amis pour partir à sa recherche » conclut Modou Ndiaye au micro de SeneNews.com.

Un bâtiment inachevé,lieu du crime?

Après ces témoignages émouvants,ses amis décident de me montrer le lieu ou le corps en état de putréfaction avancée a été trouvé,nous partimes avec un convoi de jakarta.

Nous prenons la route nationale 1,juste avant le forail nous descendons à droite sur un sentier parsemé d’herbes.

Nous arrivons devant une maison en construction de 6 pièces à 35m de la route, sur les lieux l’odeur persiste,des cheveux tombés de la tête du cadavre sont encore visibles sur les lieux.

«Nous croyons que Boubou n’a pas été tué ici mais qu’on a déposé son corps, et que les malfaiteurs ne sont pas loins» fulmine Serigne Alioune Guingue.

Après la visite des lieux,des amis me montrent le cimetière ou repose désormais Boubou, un terrain avec un mur gris et deux portes rougeatres envahi par de très hautes herbes, juste à l’entrée les traces de sable fraîche montre la sépulture nouvelle.

Sa témérité l’aurait perdu

«Boubou était téméraire,il était mille fois plus brave que nous tous,je suis sur qu’il n’aurait pour rien au monde laissé la moto aux malfrats sans se battre» regrette Aliou Ndiaye.

À la maison du défunt, c’est l’effervescence totale,une marée humaine,parents et amis sont venus présenter leurs condoléances à la famille éplorée.Des cris et sanglots perturbent le silence pesant qui y règne depuis hier.

Malgré la dureté de l’épreuve son père Ibrahima Touré se confie au Micro SeneNews.com «S’il avait un défaut c’est sa témérité, il était très têtu car s’il était un peureux il aurait laissé la moto et fuire»

Mame Boubou était venu de Joal pour célébrer la Tabaski, il devait y retourner juste après la fête.
À Kahone,les populations n’ont pas encore fait le deuil car elles jurent par tous les Dieux que «Tant que le meurtrier ne sera pas appréhendé, nous ne dormirons pas«

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