Conseil de Sécurité de l’ONU: Le Sénégal va combattre le terrorisme jusque dans les airs

A New York, le ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Mankeur Ndiaye, à l’occasion du débat public du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la Sécurité aérienne face aux actes terroristes, a pris la parole pour exprimer la volonté de l’Etat du Sénégal à faire face au problème du terrorisme dans le domaine de l’aviation civile.

Devant l’auditoire, le chef de la diplomatie sénégalaise reconnait la menace qui pèse sur l’aviation civile et qui compromet la paix et la sécurité internationale. “S’il est vrai que la Convention de Chicago du 7 décembre 1944 pose les jalons de la législation internationale en matière de sécurité aérienne, il est tout aussi essentiel de s’assurer, sous la responsabilité de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), de la révision et de la mise à jour régulières d’une telle législation pour l’adapter au nouvel contexte sécuritaire et à la menace terroriste évolutive“, a dit M. Mankeur Ndiaye, soulignant dans la foulée, “le rôle crucial que joue l’OACI dans le développement de standards internationaux de sécurité dans le domaine de l’aviation civile ainsi que dans le suivi de leur mise en œuvre effective qui doit être renforcée par les efforts conjoints des Etats-membres et des agences spécialisées en la matière“.

Prenant en compte la menace terroriste sur l’avion civile, le chef de la diplomatie sénégalaise reconnait la difficulté à la prévenir. “En effet, lorsque la menace terroriste concerne un secteur aussi sensible que le transport aérien, elle devient sournoise et difficile à appréhender. Ainsi, la vigilance et la veille permanente basées sur une prise en compte des spécificités propres au contexte et à l’environnement géopolitique interne et externe de chaque pays et de chaque région sont fondamentales“.

C’est ainsi que Mankeur Ndiaye insiste sur la “coopération régionale et internationale dans le domaine du partage de renseignements, du contrôle des frontières ainsi que des technologies d’enregistrement, de contrôle de sécurité et d’embarquement” pour mieux appréhender ce risque terroriste qui depuis quelques années fait autant de victimes que les attaques à la bombe que connait l’Occident.

Les installations aéroportuaires (aérogares, zone de fret, aires de traitement des bagages, aire de stationnement, d’atterrissage et de décollage) représentent des cibles et des points vulnérables à des attaques et projets terroristes. Leur sécurisation représente ainsi un enjeu majeur. De même, les procédures de contrôle des passagers et autres usagers constituent un domaine tout aussi sensible dans lequel toute défaillance pourrait offrir aux mouvements terroristes l’opportunité de planifier et de mettre en œuvre des actions dangereuses“, a déclaré le ministre des Affaires Etrangères, dans un contexte où le Sénégal prospecte et s’apprête à exploitation du gaz et du pétrole au large de ses cotes maritimes.

En effet, c’est dans cette optique de sécuriser le domaine de l’aviation civile que, précise M. Ndiaye, ” l’Etat du Sénégal a entrepris, depuis plusieurs années, un vaste programme de renforcement de la sécurité de l’aviation civile sur son territoire et dans son espace aérien. Cette politique a permis l’adoption, par l’Assemblée Nationale de mon pays, d’un nouveau code de l’Aviation civile, à travers la loi 2015-10 du 04 mai 2015. Le Sénégal a, dans la même dynamique, mis en place de règlements aéronautiques pour encadrer la mise en œuvre opérationnelle des mesures et procédures de sûreté. Ce cadre réglementaire a été considérablement étoffé, au niveau national, dans le cadre de l’application des dispositions de l’annexe 17 à la Convention de Chicago et du programme universel d’audits de sûreté qui s’y rattache (USAP)“.

Le chef de la diplomatie sénégalaise a tenu aussi a faire savoir à l’assistance la volonté de l’Etat du Sénégal à mettre en place “un cadre d’échange et de partage d’informations sensibles avec les autres Etats afin de faire face, de manière concrète, à la recrudescence des nouvelles menaces et tentatives d’actes d’interventions illicites utilisant des aéronefs ou visant des installations aéroportuaires“, avant de rappeler que chaque Etat membre de l’UEMOA se réserve le droit d’appliquer des mesures plus strictes pour répondre à une exigence particulière issue des résultats d’une analyse de la menace.

Clôturant son speech, le ministre des Affaires Etrangères, Mankeur Ndiaye rappelle qu”‘il est donc essentiel d’éviter que l’Afrique devienne le maillon faible de la sécurité aérienne“.

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