À ceux qui traitent certains opérateurs économiques de criminels et de tueurs (Affaire « Diesel sale »), voici une petite anecdote:

Il n’y a pas longtemps je discutais avec le vendeur de produits “exotiques” dans mon coin (je vis à Montréal), en achetant mon beurre de karité. Il me dit que c’est du beurre pur qui vient d’Afrique de l’Ouest et effectivement c’est le même que je reçois parfois par envoi direct du Mali. Mais il me dit que malheureusement peu de gens l’achètent, les femmes surtout préfèrent les produits à base de déchets de pétrole parce que c’est moins cher, sans compter les produits éclaircissant qui sont mauvais pour la peau (les conséquences peuvent aller jusqu’au cancer). Il dit qu’il n’est pas fier de vendre ça et qu’il sait que la moitié de son magasin est rempli de produits relativement toxiques. Mais que c’est ce que les gens demandent ! Et que s’il les retire, sa clientèle ira tout simplement se procurer ces produits ailleurs et lui pourra fermer boutique. Il dit qu’il y a de la conscientisation à faire, et il est prêt à vendre de meilleurs produits mais il faut que la clientèle le demande et soit prête à payer plus cher.

Cela rappelle également l’échec du virage santé à l’UQAM. Je cite le journal La Presse: « Coca-Cola peut se réjouir: l’UQAM a abandonné l’application du programme Défi vitalité dans ses machines distributrices, a appris La Presse. Lancé en 2007, ce programme visait «à améliorer l’état de santé de l’ensemble de la communauté universitaire» en s’assurant que moins de 25% des aliments vendus dans les distributeurs automatiques n’étaient pas nutritifs. Or, les sachets de noix et de fruits secs et les barres de céréales se vendent mal, a dit Sylvain Thibault, directeur des services alimentaires de l’UQAM. »

Pour dire que c’est bien de pointer du doigt un système (il faut le faire quand il y a lieu) mais si nous souhaitons l’améliorer, il est nécessaire de comprendre que nous faisons TOUS parti dudit système et que ce nos actions individuelles qui, mises toutes ensemble, forment l’action collective ! Or nos intérêts individuels vont très rarement dans le même sens et nos actions individuelles sont souvent en contradiction avec les valeurs que nous disons haut et fort promouvoir. Cela ne nous avancera pas de pointer du doigt des boucs-émissaires sans aller jusqu’au bout de notre raisonnement. Le “système” n’est pas une abstraction extra-terrestre tombé du ciel. C’est nous-mêmes.

Ndack Kane

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